En 1990, Martha R. Bireda recourt à son tour au concept de dépendance émotionnelle, qu'elle définit ainsi: "lorsque notre obsession pour l'autre personne atteint un degré tel que nous ne nous soucions plus de nos propres besoins et priorités, voire de notre propre vie"
L'association américaine de psychiatrie a choisi de s'en tenir à la notion de "personnalité dépendante". "Une telle personnalité se caractérise principalement par le besoin excessif que quelqu'un s'occupe d'elle..."
Les personnes en question ont généralement peur de la solitude, car elles redoutent d'être incapables de se prendre en charge. Lorsque s'achève une relation privilégiée, elle en recherche une autre, qui leur procure le soutien et la sollicitude dont elles ont besoin: elles ont donc tendance à enchaîner les relations, de crainte d'être abandonnées. Il s'agit de sujets pessimistes et insécures, qui ont tendance à sous-estimer leurs capacités. Comme on peut l'imaginer, leurs relations sociales se limitent souvent à un nombre restreint de personnes, car ils se centrent quasi exclusivement sur la personne dont ils sont dépendants.
La dépendance émotionnelle nous amène, en autres, à une propension excessive à la rêverie, qui conduit à un état d'euphorie en début de relation, à l'idéalisation d'une personne qu'on connaît somme toute mal, et à un trauma au moment de la rupture ou toujours, entres autres, ) l'adoption de postures de soumissions, associée à l'annihilation progressive de soi-même, à un affaiblissement de l'estime de soi et à une plus grande vulnérabilité à la maltraitance psychologique et physique...
ça va loin me diriez-vous mais le livre qui m'a permis à en venir à ces articles est devenu ma bible.
Chacun à un chapitre pour s'y reconnaître.
Revenons en à la dépendance émotionnelle dont Walter Riso, dans Aimer ou dépendre, établit une autre catégorisation:
a) malgré les déboires rencontrés au cours de la relation, la dépendance persiste et s'accroît même avec le temps
b) l'absence de l'autre provoque un syndrome d'abstinence, de sorte que toute tentative de suspendre la relation se révèle impossible ou infructueuse
c) le dépendant investit une grande quantité de temps et d'énergie pour être avec l'autre, coûte que coûte et indépendamment de toute autre considération
d) le dépendant persiste à privilégier le maintien de la relation par rapport à tout le reste
e) le dépendant redoute la solitude et ne la supporte pas
f) le dépendant enchaine les relations de couple l'une après l'autre, car il a peur de rester seul.
Il faut savoir aussi que la relation de couple a beau satisfaire en partie le besoin de la dépendante, celle-ci n'est jamais complètement heureuse ni l'espère l'être, car son existence est une suite de désillusions. elle n'a jamais connu ni amour ni respect véritables, du fait même que sa personnalité attire des individus incapables d'éprouver ou de manifester de tels sentiments
Cet article est long, je sais
mais il fallait que je le mette avant de continuer dans ce blog car je serai amener à reparler plus d'une fois de dépendance émotionnelle. Et il fallait, pour le moins d'atomes crochus possibles, que vous sachiez ce que c'est vraiment.
